Acheter des livres d’occasion, profiter du désherbage

Cet été, je me suis quelque peu lâché sur les acqui­si­tions. Les grands lec­teurs savent ce que c’est : de notes de bas de page en biblio­gra­phies, de recherches en recom­man­da­tions, il y a tou­jours plus de livres à lire, et on s’en réjouit. Bref, j’avais com­men­cé les vacances en réor­ga­ni­sant mes éta­gères, mais là, clai­re­ment, je manque de place. Un détail. « L’important, c’est de les avoir », dirait mon ami Laurent. 

Mal­gré les appa­rences, cet ensemble ne m’a pas coû­té cher. La plu­part des titres, je les ai ache­tés d’occasion, par­fois à un euro (via le com­pa­ra­teur de prix Chasse aux livres). Les biblio­thèques « désherbent » leur fonds, je com­plète le mien. Voi­là un sys­tème éco­no­mique qui me convient ! J’ai tout de même de la peine pour tous ces livres (et leurs auteurs) qui, mani­fes­te­ment, n’ont pas été ouverts ou si peu. 

Terme consa­cré en biblio­thé­co­no­mie, le désher­bage est une opé­ra­tion « des­ti­née à mettre en valeur les col­lec­tions dis­po­nibles et à offrir des res­sources constam­ment actua­li­sées aux usa­gers des biblio­thèques » (Wiki­pé­dia).

Pour ma part, confron­té comme elles « à des pro­blèmes récur­rents de réor­ga­ni­sa­tion, d’encombrement ou d’impossibilité d’extension », je ne pour­rai désher­ber que lorsque j’aurai ter­mi­né mes recherches. Là, je suis en plein dedans. Je vais devoir patien­ter un peu. 

Plus d’informations sur le désher­bage dans un PDF de l’Enssib.

Comment remplacer “dédié à” et “dédié”

serveurs de données dans un centre de données (data center)
Un ser­veur dédié est un ser­veur infor­ma­tique mis à la dis­po­si­tion d’un seul client, ou dis­po­nible pour la réa­li­sa­tion d’un ser­vice ou d’une tâche. Pho­to de Ser­gei Sta­ros­tin, Pexels.

Sous l’in­fluence de l’an­glais dedi­ca­ted, le par­ti­cipe pas­sé dédié à et l’adjectif dédié se sont dif­fu­sés chez nous. Un par­ti­ci­pant à un forum en a réuni quelques exemples dès 2008 :

[…] une entre­prise qui se vante d’avoir des employés dédiés et com­pé­tents, un per­son­nel dédié à la fabri­ca­tion et à l’assemblage de pièces, la créa­tion d’un fonds dédié à des causes huma­ni­taires, des res­sources humaines et finan­cières dédiées à un pro­jet, un salon dédié aux pro­fes­sion­nels de la vente, un forum dédié à la poli­tique, un ins­ti­tut dédié à la recherche médi­cale, un maga­zine dédié aux ado­les­cents, un hôpi­tal dédié à la pra­tique exclu­sive d’un type de chi­rur­gie, une asso­cia­tion dédiée à la pro­tec­tion des ani­maux, un ser­vice de trans­port dédié à une clien­tèle tou­ris­tique, un fes­ti­val dédié à la danse créa­tive, etc. 

Le site La Langue fran­çaise résume bien la situation : 

Appa­ru depuis le début des années 2000, l’usage abu­sif du par­ti­cipe pas­sé « dédié à » et de « dédié » en tant qu’ad­jec­tif s’est pro­gres­si­ve­ment répan­du avec une très forte accé­lé­ra­tion ces der­nières années. On le retrouve fré­quem­ment à la radio, dans la presse écrite, ou sur les sites inter­net des admi­nis­tra­tions, des entre­prises, des asso­cia­tions, etc.

Cela a d’a­bord concer­né l’élec­tro­nique et l’in­for­ma­tique. Voir l’en­trée du Grand Robert :   

Anglic. (élec­tron., inform.). Réser­vé et affec­té à un usage par­ti­cu­lier. « La plu­part des four­nis­seurs, y com­pris les pres­ta­taires sans abon­ne­ment, réservent à leurs abon­nés un espace dédié à leurs propres publi­ca­tions » (le Monde, 17 nov. 1999, p. 3). —  (Sans com­pl.). Un équi­pe­ment dédié, conçu pour un type d’utilisation.

ou celle du Larousse : 

En par­lant d’un sys­tème infor­ma­tique, être confi­né à un ensemble de tâches fixé à l’avance.

La Vitrine lin­guis­tique conclut : 

[…] ce sens est aujourd’hui enre­gis­tré dans les dic­tion­naires et il semble qu’il soit main­te­nant trop tard pour évi­ter l’emprunt dans ce domaine.

Sur son blog, Fora­tor parle de « muta­tion séman­tique ». En effet, rap­pe­lons qu’en fran­çais, dédier, c’est (selon l’Aca­dé­mie) : 

  1. RELIGION. Consa­crer au culte divin. Dédier un autel, une église. Spé­cia­le­ment. Mettre sous l’invocation d’une divi­ni­té, d’un saint. Un temple dédié à Apol­lon. Une cha­pelle dédiée à la Vierge.
  2. Mettre une œuvre sous le patro­nage de quelqu’un par une épître limi­naire ou par une ins­crip­tion. Un ouvrage dédié au roi. Il lui a dédié cette gravure.
  3. Faire hom­mage d’une œuvre à quelqu’un en impri­mant son nom en tête de l’ouvrage. Dédier son livre à un maître, à un ami.
  4. Fig. et litt. Consa­crer. Dédier sa vie à la poé­sie, à la science. Dédier ses efforts au relè­ve­ment de la patrie.

L’adjectif dédié n’existait pas. 

Des solutions

Rem­pla­cer dédié à par consa­cré à et dédié par spé­ci­fique — ce sont géné­ra­le­ment les pre­mières idées qui me viennent — suf­fit rare­ment. Pour les cor­rec­teurs en panne d’inspiration (dont je suis sou­vent), j’ai réuni ici, en vrac, d’autres solu­tions. Je laisse à cha­cun le soin de choi­sir celle qui convient au cas qui l’occupe.

Pour exprimer la spécificité

(entièrement/exclusivement) réser­vé à / des­ti­né à / affec­té à 
dévo­lu à / voué à / spé­cia­li­sé dans / pré­vu pour
ad hoc, spé­cia­le­ment adapté/conçu/constitué/créé pour  
spé­cia­li­sé, exclu­sif
pour, à l’intention de, sur, ayant pour but de
appro­prié, atti­tré, per­son­nel
spé­cia­le­ment char­gé de, spé­cial
réser­vé à un usage par­ti­cu­lier / à cet usage / à cet effet
qui sert / peut ser­vir uniquement/exclusivement à
qui ne sert qu’à / qui ne sert à rien d’autre
à usage unique / mono-usage
dont c’est le travail/l’utilité/l’objet/l’objectif… unique/exclusif
(sommes) allouées pour / attri­buées pour / accor­dées pour 

Pour un service ou une personne

NB — Dédié appli­qué aux per­sonnes est un usage qué­bé­cois (cri­ti­qué aus­si là-bas), encore peu répan­du en France.

dévoué, zélé, conscien­cieux, sérieux
enthou­siaste, convain­cu
char­gé uniquement/exclusivement de / qui ne fait que
qui ne fait / ne s’oc­cupe / n’est char­gé de rien d’autre
dont c’est l’u­nique tâche/responsabilité
à plein temps (qui ne fait rien d’autre)
libre de toute autre attribution/fonction/responsabilité
qui se consacre exclu­si­ve­ment à / s’oc­cupe exclu­si­ve­ment de / qui consacre tout son temps à / axé exclu­si­ve­ment sur
qui sert uni­que­ment à / qui a pour unique mission/tâche/utilité/fonction… de
dont les (grandes) valeurs sont
qui a fait le vœu de / a pro­mis / s’est pro­mis de / s’est enga­gé à / qui se consacre / est voué à
qui s’oc­cupe uni­que­ment de / s’in­té­resse exclu­si­ve­ment à
consacré/affecté (uniquement/exclusivement) à
qui tra­vaille uniquement/exclusivement pour
dont les acti­vi­tés portent (essentiellement/principalement/exclusivement) sur
décidé/résolu/déterminé à 

Enfin, notons que dédié à est par­fois tout sim­ple­ment inutile :
Un espace dédié à l’accueil est un espace d’accueil.
Un espace dédié à l’exposition de toiles de Picas­so est un espace où sont expo­sées des toiles de Picas­so.

Sources : 

« La muta­tion séman­tique du verbe “dédier” », La Gram­maire de Fora­tor, 9 juin 2014. Consul­té le 20 mars 2024.
« Le bon usage de “dédié à” et “dédié” en fran­çais », La Langue fran­çaise. Mis à jour le 8 mars 2023. Consul­té le 20 mars 2024.
« Emploi décon­seillé de l’emprunt dédié », Vitrine lin­guis­tique. Consul­té le 20 mars 2024.
Mes­sage de Denis Nor­mand, 31 août 2008, forum Fran­çais notre belle langue. Consul­té le 20 mars 2024.
Teso­rix. Le saca­ma­lix des tra­duxeurs et des tra­duc­trix (PDF). Sans date. Consul­té le 20 mars 2024.

Word : comment convertir une liste à puces en texte ?

Vous êtes cor­rec­teur, rewri­ter, bio­graphe ou autre. Un client vous a trans­mis un fichier conte­nant des dia­logues mis en forme avec des listes auto­ma­tiques. Hor­reur ! il va fal­loir tout reprendre à la main.

C’est ce que, long­temps, nous avons été nom­breux à penser. 

Mais j’ai trou­vé la solu­tion : il faut copier la liste (ou l’ensemble du texte) puis deman­der un « Col­lage spé­cial » avec l’option « Texte sans mise en forme ». Le résul­tat garde les tirets et les tabu­la­tions. Il ne reste plus qu’à les chercher/remplacer.

Voi­ci les carac­tères spé­ciaux à employer pour rem­pla­cer les tabu­la­tions par des espaces insé­cables : 
– tabu­la­tion = ^t 
– espace insé­cable = ^s

écran Word : remplacement de tabulations par des espaces insécables
Étape du rem­pla­ce­ment des tabu­la­tions par des espaces insécables.

C’est sur cette page que j’ai trou­vé de quoi nous tirer d’embarras.

Atten­tion, si le texte copié conte­nait d’autres enri­chis­se­ments (ita­lique, gras, etc.), il devrait les perdre aus­si. Il fau­dra donc com­pa­rer le texte de départ à celui d’arrivée.

Comment avoir une bonne culture générale ?

C’est bien connu : le cor­rec­teur doit dou­ter de tout1. Encore faut-il qu’on lui en laisse le temps, ce qui est rare. Il doit donc se repo­ser sur une excel­lente connais­sance de la langue2 et sur une culture géné­rale aus­si vaste que possible.

Tout est bon pour se culti­ver : lire, bien sûr (jour­naux, livres, sites Web…), regar­der des docu­men­taires (à la télé­vi­sion ou au ciné­ma), écou­ter la radio, visi­ter des expo­si­tions, dis­cu­ter avec des gens…

La culture géné­rale, c’est sur­tout avoir la curio­si­té constam­ment en éveil.

Pour gagner du temps, acqué­rir rapi­de­ment de bonnes bases, on peut faire appel à des conden­sés. Le prin­cipe existe depuis la Renais­sance — voir le livre d’Ann Blair, Tant de choses à savoir. Com­ment maî­tri­ser l’in­for­ma­tion à l’é­poque moderne (Seuil, 2020).

J’en pro­pose quelques-uns, qui m’ont été béné­fiques et dont voi­ci les der­nières éditions :

Dans chaque domaine du savoir, on trouve des ouvrages équi­va­lents, par exemple le grand clas­sique His­toire de la musique d’É­mile Vuiller­moz (Le Livre de Poche, 1977) ou Une brève his­toire du ciné­ma (1895-2020), de Mar­tin Bar­nier et Laurent Jul­lier (Plu­riel, 2021).

Sur les ques­tions les plus actuelles, on peut ajou­ter le Dic­tion­naire du temps pré­sent, diri­gé par Yves Charles Zar­ka et Chris­tian Godin (éd. du Cerf, 2022).

L’accès à la culture est plus aisé que jamais

Il n’a jamais été si facile ni si bon mar­ché de se culti­ver. – Je peux en par­ler, j’a­vais déjà 30 ans quand est appa­ru Internet.

Une bonne part des livres et des docu­ments impri­més tom­bés dans le domaine public sont acces­sibles gra­tui­te­ment en ligne, par exemple sur Gal­li­ca, le site de la Biblio­thèque natio­nale de France, une mine inépui­sable (voir aus­si Wiki­source). On peut les télé­char­ger et les gar­der à vie.

Avec le com­pa­ra­teur de prix Chasse aux livres, on trouve faci­le­ment des livres – récents comme plus anciens – d’occasion.

Les ency­clo­pé­dies sont toutes en ligne et acces­sibles soit gra­tui­te­ment, soit pour une somme modique (voir mon article).

Une grande pro­por­tion, la tota­li­té pour cer­tains titres, des articles des jour­naux et des revues sont gra­tuits en ligne. Pour moi, le quo­ti­dien de réfé­rence reste Le Monde. En com­plé­ment, il est inté­res­sant de consul­ter The Conver­sa­tion, regard d’u­ni­ver­si­taires sur l’ac­tua­li­té. Je suis aus­si l’ac­tua­li­té des revues de sciences humaines sur Cairn.info.

Le pod­cas­ting per­met aujourd’­hui d’é­cou­ter les émis­sions de radio quand on le sou­haite. Je recom­mande par­ti­cu­liè­re­ment France Culture, qui traite de tous les domaines du savoir et offre des éclai­rages his­to­riques, phi­lo­so­phiques, socio­lo­giques ou autres sur l’actualité.

Pod­casts à la une du site de France Culture, le jour où j’ai rédi­gé cet article.

On peut écou­ter qua­si­ment toute la musique du monde sur You­Tube, ou pour envi­ron 10 euros par mois (la moi­tié du prix d’un CD) sur les pla­te­formes de strea­ming comme Spo­ti­fy ou Apple Music.

De même, les pla­te­formes de SVOD per­mettent, pour quelques euros par mois, de voir des mil­liers de films, y com­pris des films rares dont, avant Inter­net, nous devions attendre une pro­gram­ma­tion dans un ciné­ma d’art et essai ou une ciné­ma­thèque – si nous habi­tions une grande ville – pour espé­rer les voir. Mes pré­fé­rées sont La Cine­tek et Uni­vers­Ci­né.

Pièces de théâtre et concerts sont dif­fu­sés gra­tui­te­ment par nombre de sites, dont la Cultu­re­box de France Télé­vi­sions. Pour le clas­sique et le jazz, je regarde Mez­zo.

Enfin, si l’on entend sou­vent dire qu’« il n’y a rien à la télé », on trouve des pro­grammes de grande qua­li­té sur des chaînes comme Arte, France 5 ou His­toire TV.

PS — Je sais qu’il existe aus­si des chaînes You­Tube inté­res­santes, mais comme je n’en suis aucune en par­ti­cu­lier, je pré­fère ren­voyer à la sélec­tion pro­po­sée par Sher­pas.

Article mis à jour le 20 jan­vier 2024.


  1. Voir De quoi le cor­rec­teur doit-il dou­ter ? ↩︎
  2. Voir La biblio­thèque du cor­rec­teur. ↩︎

Technique de recherche avancée sur Google

Extrait de ma liste d'URL de recherche sur Google
Extrait de ma liste d’URL de recherche sur Google (incli­né pour l’ef­fet graphique).

Comme je l’ai expli­qué dans un autre article, la poly­sé­mie du mot cor­rec­teur (et aus­si de cor­rec­trice) fait que, lors­qu’on uti­lise un moteur de recherche, on reçoit un très grand nombre de résultats. 

Pour réduire ce nombre, les pre­mières solu­tions sont :

  • soit d’ajou­ter des mots-clés per­ti­nents. Ain­si,
    [correcteur imprimerie] ou [correcteur édition] ;
  • soit d’éli­mi­ner ce qui n’est pas per­ti­nent, en le fai­sant pré­cé­der d’un signe moins (le trait d’u­nion du cla­vier, sans espace der­rière). Ain­si,
    [correcteur -maquillage].

NB — Dans les com­mandes que j’in­dique, les cro­chets servent uni­que­ment à déli­mi­ter le code ; il ne faut pas les sai­sir dans Google.

On peut, bien sûr, addi­tion­ner les mots-clés (ajou­tés ou retran­chés), par exemple :

[correcteur édition emploi]

ou [correcteur -maquillage -cosmétique]

Pour gagner encore en per­ti­nence, on peut uti­li­ser un opé­ra­teur puis­sant (mécon­nu) qui per­met d’af­fi­cher uni­que­ment les pages conte­nant tous les mots deman­dés, [allintext:].

Par exemple, [allintext:correcteur imprimerie] est beau­coup plus effi­cace que le simple [correcteur imprimerie].

Atten­tion : il est impé­ra­tif qu’il n’y ait pas d’es­pace après le deux-points de l’o­pé­ra­teur avancé. 

Pour recher­cher une expres­sion, comme cor­rec­teur d’imprimerie, on l’en­cadre de guille­mets droits : ["correcteur d’imprimerie"]. C’est utile notam­ment pour retrou­ver un pro­verbe ou une citation.

Un site à la fois

On peut aus­si res­treindre la recherche à un site par­ti­cu­lier, avec l’opérateur [site:].

Par exemple, si je veux cher­cher le mot-clé cor­rec­teur dans le site Lemonde.fr, l’URL sera [site:lemonde.fr correcteur] — ou [correcteur site:lemonde.fr], l’ordre n’ayant pas d’im­por­tance ici.

Si je veux recher­cher l’ex­pres­sion cor­rec­teur d’imprimerie sur Lemonde.fr, l’URL sera : 

[site:lemonde.fr "correcteur d’imprimerie"]

Pour recher­cher l’alter­na­tive cor­rec­teur ou cor­rec­trice, j’a­joute [OR correctrice]

[site:lemonde.fr correcteur OR correctrice]

Je peux aus­si éli­mi­ner une expres­sion. En tapant :

[site:lemonde.fr correcteur OR correctrice -"langue sauce piquante"]

j’ex­clus des résul­tats les articles du blog des cor­rec­teurs du Monde.fr, Langue sauce piquante (que je connais déjà).

Une fois que j’ai déli­mi­té cor­rec­te­ment ma recherche, j’enregistre ce signet tel quel pour ne plus avoir à le saisir. 

Lors de mes pro­chaines visites, si je le sou­haite, je pour­rai res­treindre les résul­tats à une période don­née (de moins d’un an à moins d’une heure), en cli­quant sur Outils au-des­sus du pre­mier résul­tat, ce qui fera appa­raître un nou­veau menu. 

Par exemple, ma der­nière recherche sur le site de Libé­ra­tion, res­treinte à l’an­née écou­lée, ne don­nait que deux résultats : 

recherche des mots-clés "correcteur" et "correctrice" sur le site de "Libération"

Il existe d’autres astuces, que je n’emploie pas ou rare­ment, mais qui peuvent vous être utiles. Vous les trou­ve­rez sur la page Google consa­crée à la recherche avan­cée ain­si que dans les articles Les opé­ra­teurs boo­léens : la recherche opti­mi­sée dans Google & Co et Les recherches appro­fon­dies avec les opé­ra­teurs Google du Digi­tal Guide IONOS. 

Comment se corriger soi-même : ma méthode

« On n’est pas bon cor­rec­teur de soi-même. » C’est un prin­cipe assez connu, en tout cas des cor­rec­teurs et des écri­vains. Pour­tant, je m’en sors plu­tôt bien – j’espère que vous serez d’ailleurs d’accord avec cette décla­ra­tion affir­ma­tion immo­deste ! Com­ment est-ce que je m’y prends ? 

J’ai mis en place un pro­ces­sus très assez simple. Le pre­mier jet, je le rédige en texte brut (dans Tex­tE­dit, sur Mac). Sans autre enri­chis­se­ment que l’italique ou les guille­mets, selon la des­ti­na­tion du texte. J’utilise tou­jours la même police à empat­te­ments, qui m’assure une fami­lia­ri­té avec la sil­houette des mots. Le cor­rec­teur de sai­sie m’assure, lui, contre les fautes de frappe, puisqu’un mot mal écrit sera aus­si­tôt sou­li­gné de poin­tillés rouges.

Je lance ensuite le cor­rec­teur Anti­dote, notam­ment pour pla­cer les espaces insé­cables. Le cas échéant Si néces­saire, j’applique les sug­ges­tions qu’il me fait.

Puis je copie-colle ce texte dans l’éditeur de des­ti­na­tion : le CMS Word­Press de mon blog, le modèle module de post sur Lin­ke­dIn, etc., où j’effectue quelques ajus­te­ments. Cela donne déjà un regard dif­fé­rent sur le texte. Je n’invente rien : il est éta­bli que modi­fier la police ou la cou­leur d’un texte aide à se rafraî­chir son l’œil. C’est sou­vent à ce moment-là que je me rends compte d’ remarque avoir tapé un mot pour un autre – ma plus grosse fai­blesse en la matière. (Sans tri­cher, vous voyez bar­rés dans ce texte les mots que j’ai dû rem­pla­cer ou supprimer.)

On peut aus­si « lais­ser repo­ser » le texte quelques heures, une nuit, voire plu­sieurs jours. C’est idéal pour le retrou­ver avec un regard plus frais.

Je suis bien pla­cé pour savoir que ce pro­ces­sus ne rem­place vaut pas une relec­ture pro­fes­sion­nelle – qui pou­vait aurait pu, notam­ment, d’ m’ap­por­ter des sug­ges­tions sty­lis­tiques –, mais le plus ris­qué est évité. 

Enfin, je publie le texte. Qua­si sys­té­ma­ti­que­ment, je découvre alors des détails qui me déplaisent et que je cor­rige aus­si­tôt, autant de fois que nécessaire.

Enfin, Je relis beau­coup, à toutes les étapes, avant et après publication.

Rien de révo­lu­tion­naire, mais c’est efficace.

C’est plu­tôt sur le fond que je suis par­fois pris de doutes. Auquel cas je demande à un ou deux confrères de confiance ce qu’ils en pensent. (Raphaël, Nel­son, mer­ci de votre disponibilité !)

Comment enrichir son vocabulaire

« Com­ment enri­chir son voca­bu­laire » est une ques­tion qui revient pério­di­que­ment sur les réseaux sociaux, comme Quo­ra, géné­ra­le­ment avec deux adverbes : « rapi­de­ment » et « dura­ble­ment ».

La réponse évi­dente, c’est lire. C’est en effet en côtoyant les mots qu’on les acquiert. L’avantage de la lec­ture par rap­port au son (radio, pod­casts) ou à l’image (télé­vi­sion, You­Tube), c’est de les voir écrits, et donc d’acquérir en même temps leur ortho­graphe. Sans comp­ter, bien sûr, les autres avan­tages de la lecture ! 

Mais com­ment peut-on accé­lé­rer cette acqui­si­tion ? Il existe pour cela un cer­tain nombre de livres. 

J’en ai sélec­tion­né quatre (par­mi ceux des­ti­nés aux adultes fran­co­phones), plus ou moins aus­tères, clas­sés du plus récent au plus ancien (liens vers les fiches des éditeurs). 

Je ne les ai pas étu­diés per­son­nel­le­ment. Cha­cun pour­ra choi­sir, d’après les fiches, celui qui semble lui conve­nir le mieux. 

Pour que l’acquisition de mots nou­veaux soit durable, il faut les uti­li­ser. Les pla­cer rapi­de­ment dans la conver­sa­tion ou dans un texte après les avoir appris, puis les main­te­nir vivants, actifs, au fil du temps. C’est ce qu’on appelle la réac­ti­va­tion ou la conso­li­da­tion, essen­tielle dans tout apprentissage.

Il s’agit là d’acquérir un voca­bu­laire riche, pré­cis et utile. Je n’ai donc pas rete­nu d’ouvrages sur les mots « rares et char­mants », qui ne manquent pas, comme Cra­pous­sin et Nigue­douille. La belle his­toire des mots endor­mis.

☞ Voir aus­si La biblio­thèque du cor­rec­teur.

Comment choisir un dictionnaire

Il existe des dic­tion­naires pour tous les besoins (mono­lingues, bilingues, par domaines d’ac­ti­vi­té…). La Mai­son du dic­tion­naire en a fait une spécialité.

En ce qui concerne les dic­tion­naires géné­raux, posez-vous les ques­tions sui­vantes. Voulez-vous :

  • un dic­tion­naire d’ap­pren­tis­sage (col­lège, lycée, étudiant) ?
  • un dic­tion­naire de langue fran­çaise pour tout public ?
  • un dic­tion­naire ency­clo­pé­dique avec des illustrations ?
  • un dic­tion­naire com­por­tant le plus de mots possible ?

Les édi­tions Larousse et les édi­tions Le Robert pro­posent un vaste choix de dic­tion­naires selon vos besoins. (Il existe d’autres mai­sons d’é­di­tion, mais celles-ci sont les plus célèbres.)

Un bon dic­tion­naire de langue fran­çaise doit, pour chaque mot, vous don­ner l’é­ty­mo­lo­gie, la pro­non­cia­tion, les dif­fé­rentes signi­fi­ca­tions illus­trées d’exemples et de cita­tions, les expres­sions et les locu­tions où il figure, les syno­nymes et contraires.

Un dic­tion­naire dit illus­tré est un dic­tion­naire ency­clo­pé­dique : il mêle noms com­muns (langue fran­çaise) et noms propres (savoir et culture). Comme le mot l’in­dique, il com­porte des illus­tra­tions en cou­leurs : cartes, des­sins, pho­to­gra­phies, sché­mas et planches.

Les mots petit et grand sont une indi­ca­tion du nombre de mots. Par exemple, 60 000 mots dans Le Petit Robert, 100 000 dans Le Grand Robert, deux dic­tion­naires de langue fran­çaise (non encyclopédiques).

À noter : Le Petit Larousse est un dic­tion­naire ency­clo­pé­dique, alors que Le Petit Robert est un dic­tion­naire de langue fran­çaise1. Les défi­ni­tions du Robert sont donc plus détaillées que celles du Larousse.

☞ Voir aus­si Petit Larousse ou Petit Robert ?

Si vous pen­sez ache­ter un dic­tion­naire impri­mé et avez des pro­blèmes de vue, prê­tez atten­tion à la typo­gra­phie. Dans les gros dic­tion­naires, les carac­tères sont par­fois petits. Il vaut mieux les feuille­ter en librai­rie avant de les acheter.

Dictionnaires en ligne

Larousse met gra­tui­te­ment à dis­po­si­tion son dic­tion­naire, son ency­clo­pé­die et son dic­tion­naire des dif­fi­cul­tés (inté­gré aux entrées du dictionnaire).

Le Robert pro­pose, lui, des abon­ne­ments annuels à ses dic­tion­naires. Depuis peu, un Dico en ligne, plus suc­cinct, est pro­po­sé gratuitement.

Le Tré­sor de la langue fran­çaise infor­ma­ti­sé est gra­tuit – mais il n’est plus mis à jour depuis 1994.

Tous trois pro­posent aus­si des appli­ca­tions pour iPhone et Android.

Le Dic­tion­naire de l’A­ca­dé­mie fran­çaise est éga­le­ment gratuit.

Per­son­nel­le­ment, ayant besoin de dic­tion­naires de langue fran­çaise tou­jours actua­li­sés et aus­si pré­cis que pos­sible, j’ai opté pour Le Grand Robert en ligne par abon­ne­ment. Il per­met des recherches avancées.

☞ Voir aus­si ma biblio­thèque du cor­rec­teur.

Il existe d’autres dic­tion­naires en ligne, plus anciens, comme le célèbre Lit­tré. Ils gardent leur inté­rêt, mais le fran­çais étant une langue vivante, seul un dic­tion­naire récent four­nit les mots qu’on ren­contre dans la presse et dans la lit­té­ra­ture contemporaine.


  1. La der­nière édi­tion du volume com­plé­men­taire, Le Petit Robert des noms propres, date de 2018. ↩︎