“Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale”, 1971

Pre­mière édi­tion (1971) du Lexique des règles typo­gra­phiques en usage à l’Imprimerie natio­nale [IN], qui n’avait pas encore sa cou­ver­ture gra­phique noir et blanc conçue par Mas­sin — que nous, cor­rec­teurs, avons tous sur notre bureau.

Sur­prise entre les pages de cet exem­plaire de biblio­thèque : Oli­vier Deloi­gnon, his­to­rien de la typo­gra­phie et du livre impri­mé, l’a emprun­té vingt-cinq ans avant moi. J’aime bien ces affi­ni­tés discrètes.

Par l’avant-propos, on apprend que c’est le bureau de pré­pa­ra­tion de copie de l’IN qui a mis au point ce manuel. Il s’est, pour cela, ins­pi­ré d’« ouvrages spé­cia­li­sés », par­mi les­quels :
– le Règle­ment de com­po­si­tion typo­gra­phique et de cor­rec­tion (1887, ouvrage mai­son) ;
– le Manuel à l’usage des élèves com­po­si­teurs (1887), de Jules Jou­vin (ouvrage et auteur mai­son, puisque Jou­vin était sous-prote à l’IN) ;
– le Mémen­to typo­gra­phique (1961), de Charles Gou­riou (cor­rec­teur chez Hachette — voir Charles Gou­riou, un (autre) cor­rec­teur-auteur dis­cret) ;
– les Règles typo­gra­phiques à l’u­sage des opé­ra­teurs (1953), de A. Laloue (auteur que je ne connais­sais pas ; spé­cia­liste de la com­po­si­tion méca­nique, notam­ment sur Lino­type) ;
– le Manuel pra­tique du typo­graphe (1897, 2e rééd. 1963), de Pierre Lecerf (chef de fabri­ca­tion) ;
– bien sûr, le Code typo­gra­phique, éta­bli par la pro­fes­sion depuis 1928 (voir Un poème fête la nais­sance du Code typo­gra­phique, 1928) ;
– enfin, les publi­ca­tions de l’Afnor, « dont les recom­man­da­tions ont été retenues ».

Y appa­raissent aus­si les « dif­fi­cul­tés gram­ma­ti­cales et typo­gra­phiques les plus cou­rantes », grâce au « pré­cieux apport » du Dic­tion­naire des dif­fi­cul­tés de la la langue fran­çaise, d’A­dolphe V. Tho­mas (chef cor­rec­teur des dic­tion­naires Larousse) et du Bon Usage de Mau­rice Grevisse.

Cette pre­mière édi­tion compte 161 pages, contre 197 aujourd’hui.

C’est à par­tir de l’édition sui­vante (1975) que le Lexique de l’IN sera ven­du dans le com­merce. D’après une indis­cré­tion recueillie par Jean Méron, « il sem­ble­rait que ce soit à la suite d’une erreur1 ». J’ai­me­rais en savoir plus.

En 1986 (d’après une enquête de Livres Heb­do sur la pré­fé­rence des usa­gers2), le Lexique de l’IN arri­vait en troi­sième posi­tion (32 %) der­rière le Code typo (64 %) et le Mémen­to de Gou­riou (35 %). Aujourd’hui, il domine le mar­ché. En effet, c’est le seul des trois qu’on trouve encore dans toutes les bonnes librai­ries, alors qu’il faut com­man­der le Gou­riou (revu par l’auteur en 1973) et que le Code typo n’a plus été réédi­té depuis 1997.

Le tirage actuel­le­ment dif­fu­sé par Actes Sud (2002) est iden­tique à la troi­sième édi­tion (1990). Seule l’entrée Euro (nou­veau­té de l’année) a été ajou­tée à gauche de l’entrée Abré­via­tions. On n’a pas bous­cu­lé l’ordre alpha­bé­tique pour si peu.

☞ Voir aus­si Qui crée les codes typographiques ?


  1. Ortho­ty­po­gra­phie. Recherches biblio­gra­phiques, Paris, Conven­tion typo­gra­phique, 2002, note 3, p. XII. ↩︎
  2. Citée par Wiki­pé­dia, art. Lexique des règles typo­gra­phiques en usage à l’Im­pri­me­rie natio­nale. ↩︎