Portrait d’un correcteur d’imprimerie du XVIIIe siècle, que, selon Georges-Adrien Crapelet (1789-1842), « on pouvoit regarder comme le type du correcteur de l’ancienne imprimerie de Paris ».
Après avoir officié chez Jean-François Louis Chardon1 (1739?-179.?), son oncle, Courtois passa sous les ordres de Charles Crapelet (1762-1809), qui avait racheté l’établissement. « Jamais il n’eût consenti à exercer dans une autre imprimerie » : il « se regardoit comme partie intégrante du mobilier de son oncle ».
Destiné d’abord à l’état ecclésiastique, il avoit fait de bonnes études grecques et latines. C’étoit, en 1795, un homme de cinquante-cinq ans environ, au chef branlant, sobre comme un ermite, tenant du Bénédictin par sa patience et son assiduité, plus régulier que l’horloge de la paroisse de Saint-Severin, qui dominoit l’imprimerie située aux quatrième et cinquième étages, comme presque toutes les anciennes imprimeries à cette époque. Sa mise étoit simple, mais soignée ; sa parole étoit sévère aux ouvriers et aux apprentis, qui ne l’en estimoient pas moins, parce qu’ils reconnoissoient son mérite, et que sa sévérité n’avoit d’autre cause que son zèle et les soins qu’il apportoit dans toutes les parties de la correction. Il fut enlevé dans le mois de septembre 1811, à la typographie, qui avoit usé quarante ans de sa vie.
Georges-Adrien Crapelet, Études pratiques et littéraires sur la typographie [lien vers Numelyo], Paris, Crapelet, 1837, p. 179-180.
- « Jean-François Louis Chardon (1739?-179.?), reçu libraire en 1758 et imprimeur en 1762, a pour enseigne « À la croix d’or » et n’a probablement pas de marque typographique : souvent, c’est un fleuron qui apparaît sur la page de titre.
« Il est l’un des fils de l’imprimeur-libraire Jacques Chardon [1688-1766]. Comme son père, il est actif à Paris dans le quartier du livre, autour de la rue Saint-Jacques, et travaille surtout comme imprimeur, en association avec un libraire : il imprime des livres de chimie et d’aérostatique pour Cuchet, de théâtre pour Brunet et Vente, de théologie pour Humblot, etc. Les livres qu’il produit sont d’usage courant et ne demandent pas des ornementations de grand soin. » — Anne-Sophie Durozoy, « L’Ornementation typographique. Jean-François Louis Chardon et la Rose », La Rose et l’Imprimé, exposition virtuelle, s.d. ↩︎