Remarque sur la préposition À accentuée

Préposition À accentuée

Dans le pre­mier Lexique des règles typo­gra­phiques en usage à l’Imprimerie natio­nale (1971, docu­ment interne ☞ voir mon article), la rédac­tion de l’entrée consa­crée aux capi­tales accen­tuées était légè­re­ment dif­fé­rente de celle que nous connais­sons, ce qui est nor­mal (nous sommes alors une quin­zaine d’années avant la PAO). Mais une appré­cia­tion sub­jec­tive en a dis­pa­ru depuis : « […] sauf en ce qui concerne la lettre A iso­lée (sur laquelle l’accent grave serait dis­gra­cieux), on veille­ra à uti­li­ser sys­té­ma­ti­que­ment les capi­tales accen­tuées » s’est trans­for­mé aujourd’hui en : « On veille­ra à uti­li­ser sys­té­ma­ti­que­ment les capi­tales accen­tuées, y com­pris la pré­po­si­tion À. » La cohé­rence l’a empor­té. Tant mieux : une excep­tion de moins.

"Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale", 1971, p. 7.
Lexique des règles typo­gra­phiques en usage à l’Im­pri­me­rie natio­nale, 1971, p. 7.

Cette pro­hi­bi­tion ancienne du A accen­tué n’est pas une exclu­si­vi­té de l’Imprimerie natio­nale. « L’accent sur le A, c’est moche », je l’ai enten­du au début de mon par­cours pro­fes­sion­nel. Le Guide du typo­graphe (romand) confirme que « tra­di­tion­nel­le­ment, en Suisse romande notam­ment, l’initiale capi­tale d’un mot com­po­sé en minus­cules n’était pas accen­tuée (Emile). Il en était de même d’une majus­cule iso­lée (A ce moment-là)1 ».

Mais c’est du pas­sé. Rap­pe­lons donc, avec Louis Gué­ry, que « contrai­re­ment à ce que beau­coup pensent et affirment à tort, les capi­tales doivent être accen­tuées, y com­pris la pré­po­si­tion À2 ».


  1. Groupe de Lau­sanne de l’As­so­cia­tion suisse des typo­graphes, 7e éd., 2015, p. 29. ↩︎
  2. Dic­tion­naire des règles typo­gra­phiques, edi­Sens, 5e éd., 2019, p. 42. ↩︎