Le métier de correcteur selon Pierre Larousse, 1869

Pierre Larousse assis
Pierre Larousse. Date et source inconnues.

Pour­quoi n’y avais-je pas pen­sé plus tôt ? Dif­fi­cile à manier et à lire sur Gal­li­ca (pages de grand for­mat, huit colonnes com­po­sées en petit corps), l’ar­ticle « cor­rec­teur » du Grand Dic­tion­naire uni­ver­sel du xixe siècle (1866-1876) de Pierre Larousse (1817-1875) four­mille d’in­for­ma­tions. Je le repro­duis donc ici, en élu­ci­dant les nom­breux noms cités. Le ton par moments lyrique est assez sur­pre­nant pour le lec­teur d’au­jourd’­hui, habi­tué à une rédac­tion plus objec­tive dans les ouvrages de réfé­rence, mais Larousse1 admet à la fin du texte « l’intérêt que nous ins­pire la posi­tion pré­caire du cor­rec­teur dans les impri­me­ries ». Offrant un por­trait du cor­rec­teur idéal et la des­crip­tion des dif­fé­rentes étapes de la cor­rec­tion à l’im­pri­me­rie, l’ar­ticle aborde aus­si, sans ambages, les pénibles condi­tions de tra­vail et les four­chettes de salaire. J’y ai ajou­té des inter­titres, et je l’ai com­plé­té par l’en­trée « cor­rec­tion ».

Définition liminaire

cor­rec­teur, trice s. m. (kor-rek-teur, tri-se — lat. cor­rec­tor ; de cor­ri­gere, cor­ri­ger). […]

— Typ. Toute per­sonne qui est char­gée habi­tuel­le­ment, soit dans une impri­me­rie, soit dans une librai­rie2, soit dans un bureau de publi­ca­tions quel­conque, de cor­ri­ger les fautes typo­gra­phiques, gram­ma­ti­cales et lit­té­raires qui se trouvent sur les épreuves de toute espèce d’impressions est un cor­rec­teur

Distinguer le prote du correcteur

Les per­sonnes étran­gères à l’imprimerie confondent sou­vent le cor­rec­teur avec le prote, quoique leurs fonc­tions soient com­plè­te­ment dis­tinctes. Nous ver­rons plus loin quelle est la cause de cette confusion. 

Le prote est le repré­sen­tant immé­diat du maître impri­meur : il dirige et admi­nistre l’établissement, reçoit les auteurs et traite avec eux, embauche, débauche le per­son­nel atta­ché à l’imprimerie, dis­tri­bue la besogne, véri­fie les bor­de­reaux, fait la banque (paye), etc. 

Le cor­rec­teur n’a pas (à moins d’une délé­ga­tion spé­ciale) à s’immiscer dans l’administration indus­trielle : il est le repré­sen­tant de la lit­té­ra­ture et de la science dans l’imprimerie. Son dépar­te­ment est du domaine de l’intelligence pure. Il n’est pla­cé sous la direc­tion du prote que comme fai­sant par­tie du per­son­nel de l’usine typo­gra­phique. Dans l’exercice propre de ses fonc­tions, il est le seul juge ou, tout au moins, le juge le plus com­pé­tent des conces­sions à faire aux écri­vains sous le rap­port de ce qu’on appelle, en terme d’imprimerie, la marche à suivre pour chaque ouvrage, ce qui com­prend des détails infi­nis : ponc­tua­tion, capi­tales, divi­sions des mots, choix des carac­tères à employer pour les titres sui­vant leur impor­tance, etc.

Il y avait autre­fois très-peu de cor­rec­teurs spé­ciaux, c’est-à-dire se livrant exclu­si­ve­ment à la cor­rec­tion des épreuves3. Presque tous les protes, à défaut du maître impri­meur, se char­geaient de ce soin (telle est l’origine de la confu­sion que font fré­quem­ment entre le prote et le cor­rec­teur les per­sonnes étran­gères à la pro­fes­sion) ; il en est même encore ain­si dans beau­coup de petites impri­me­ries, sur­tout en pro­vince, où l’on voit le maître impri­meur cumu­ler les fonc­tions de patron, de prote, de cor­rec­teur, voire même4 de com­po­si­teur et d’imprimeur.

Quand des besoins nou­veaux et impé­rieux, nés du déve­lop­pe­ment extra­or­di­naire de l’imprimerie, se révé­lèrent, le prote, débor­dé par la mul­ti­pli­ci­té de ses attri­bu­tions, dut cher­cher à se déchar­ger d’une par­tie de l’énorme res­pon­sa­bi­li­té qu’elles entraî­naient : il aban­don­na tout ce qui concerne la cor­rec­tion des épreuves, deve­nue incom­pa­tible avec sa pré­sence presque constante à l’atelier et la sur­veillance qu’il y doit exer­cer. Ce jour-là naquit le cor­rec­teur tel qu’il existe aujourd’hui.

Il arrive quel­que­fois qu’un maître impri­meur, n’ayant pas du tra­vail en quan­ti­té suf­fi­sante pour occu­per un cor­rec­teur atti­tré, choi­sit, pour en rem­plir l’office, un com­po­si­teur expé­ri­men­té et pos­sé­dant une cer­taine dose d’instruction. Tout en recon­nais­sant que la force des cir­cons­tances seule amène presque tou­jours le patron à créer ces posi­tions hybrides, nous n’hésitons pas à for­mu­ler le vœu de les voir dis­pa­raître le plus promp­te­ment possible.

Mais, dans les mai­sons d’une véri­table impor­tance, la lec­ture des épreuves est confiée à un ou à plu­sieurs cor­rec­teurs spéciaux. 

Fonctions du correcteur

Quelles sont les fonc­tions du cor­rec­teur ? Nous ne sau­rions en don­ner une meilleure défi­ni­tion que celle qui va suivre, et que nous extra­yons d’une Lettre adres­sée à l’Académie fran­çaise par la Socié­té des cor­rec­teurs des impri­me­ries de Paris (juillet 1868) : « Les fonc­tions du cor­rec­teur sont très-com­plexes. Repro­duire fidè­le­ment le manus­crit de l’écrivain, sou­vent défi­gu­ré dans le pre­mier tra­vail de la com­po­si­tion typo­gra­phique ; rame­ner à l’orthographe de l’Académie la manière d’écrire par­ti­cu­lière à chaque auteur, don­ner de la clar­té au dis­cours par l’emploi d’une ponc­tua­tion sobre et logique ; rec­ti­fier des faits erro­nés, des dates inexactes, des cita­tions fau­tives ; veiller à l’observation scru­pu­leuse des règles de l’art ; se livrer pen­dant de longues heures à la double opé­ra­tion de la lec­ture par l’esprit et de la lec­ture par le regard, sur les sujets les plus divers, et tou­jours sur un texte nou­veau où chaque mot peut cacher un piège, parce que l’auteur, empor­té par sa pen­sée, a lu non pas ce qui est impri­mé, mais ce qui aurait dû l’être : telles sont les prin­ci­pales attri­bu­tions d’une pro­fes­sion que les écri­vains de tous les temps ont regar­dée comme la plus impor­tante de l’art typographique. »

Cette der­nière asser­tion, dont per­sonne ne contes­te­ra la véri­té5, est sur­tout jus­ti­fiée par les exemples du pas­sé. À l’origine de l’imprimerie, tous ceux qui se livraient au tra­vail de la cor­rec­tion étaient des savants de pre­mier ordre : les labeurs de l’imprimerie se bor­nant presque exclu­si­ve­ment à la repro­duc­tion des poëtes6 et des his­to­riens grecs et latins, des écri­vains reli­gieux et des livres saints sur­tout, les cor­rec­teurs, les com­po­si­teurs eux-mêmes, étaient presque tous des gra­dés de l’Université, des maîtres ès arts ; il en était ain­si, bien enten­du, du maître impri­meur qui cher­chait, lui aus­si, dans l’exercice de sa pro­fes­sion, bien plus l’occasion inces­sante de satis­faire son goût pour les chefs-d’œuvre de l’antiquité et sa curio­si­té lit­té­raire que le moyen d’édifier une grande for­tune7.

Savants d’autrefois

C’est ici le lieu de rap­pe­ler les noms des savants qui ont exer­cé les fonc­tions de cor­rec­teur dans les impri­me­ries les plus célèbres. Cédons la parole à un homme qui jouit, en ces matières, de l’autorité la plus incon­tes­table. Voi­ci com­ment s’exprimait M. Ambroise-Fir­min Didot [sic, Ambroise Fir­min-Didot] dans son dis­cours d’installation comme pré­sident hono­raire de la Socié­té des cor­rec­teurs, le 1er novembre 1866 :

« Je me bor­ne­rai à citer, par­mi les plus illustres cor­rec­teurs, Érasme, qui, à Venise, aidait Alde dans la cor­rec­tion de ses épreuves, puis à Bâle Fro­ben et Amer­bach, chez qui Fro­ben lui-même avait été cor­rec­teur. Je cite­rai aus­si, dans les célèbres impri­me­ries de Plan­tin à Anvers et de Trech­sel à Lyon, Fran­çois Raphe­lenge, qui aima mieux res­ter cor­rec­teur chez Plan­tin que d’aller occu­per à Cam­bridge la chaire de pro­fes­seur de grec, à laquelle son mérite l’avait appe­lé, et Josse Bade, qui, après avoir pro­fes­sé avec tant de dis­tinc­tion les belles-lettres à Lyon, fut cor­rec­teur chez Trech­sel, dont il devint le gendre, comme Raphe­lenge fut celui de Plan­tin. Je rap­pel­le­rai aus­si la mémoire de ces illustres Hel­lènes échap­pés avec leurs manus­crits à la bar­ba­rie des Turcs après la chute de l’empire grec, Las­ca­ris, Cal­lier­gi, Musu­rus, qui vinrent se réfu­gier chez Alde l’ancien et le secon­dèrent dans ses grands tra­vaux. À Paris, je cite­rai Fré­dé­ric Syl­burg, ce savant cor­rec­teur d’une impri­me­rie non moins illustre, non moins savante, celle de Hen­ri Estienne. Après de tels noms, je n’oserais men­tion­ner l’imprimerie pater­nelle, si, depuis trente ans, mon digne ami M. Düb­ner n’avait pas consa­cré tous ses moments, toute sa science, à me secon­der dans mes publi­ca­tions les plus impor­tantes, le The­sau­rus Græcæ lin­guæ et ma Biblio­thèque des auteurs grecs. Par­mi ceux qui ont concou­ru au der­nier de ces deux monu­ments que je m’honore d’avoir éle­vés aux lettres grecques, je suis heu­reux de citer encore le savant hel­lé­niste, M. Charles Mül­ler. De tout temps l’imprimerie a été l’asile des talents mécon­nus ou éprou­vés par la for­tune, qui sont venus prendre rang par­mi les cor­rec­teurs d’épreuves aus­si bien que par­mi les com­po­si­teurs. Pour ne par­ler que de ceux que j’ai connus, le sou­ve­nir de Rœde­rer8 et de Béran­ger se pré­sente à ma mémoire, et ma famille se rap­pelle encore l’abbé de Ber­nis, qui lisait des épreuves chez mon bis­aïeul Fran­çois Didot. »

Cette liste serait incom­plète si à tous ces noms nous négli­gions d’ajouter celui du plus pro­fond pen­seur et du plus grand écri­vain de notre époque : nous avons nom­mé P.-J. Prou­dhon, qui a exer­cé, lui aus­si, pen­dant long­temps, les fonc­tions de cor­rec­teur à Besan­çon et à Paris.

Quand des savants et des let­trés de cet ordre n’ont pas dédai­gné de cor­ri­ger des épreuves, qui ne trem­ble­rait de leur suc­cé­der ? Car on aurait mau­vaise grâce à nous objec­ter que le temps de l’imprimerie savante est pas­sé, et que plus n’est besoin pour le cor­rec­teur de ces apti­tudes qu’il devait pos­sé­der autre­fois. Si les ouvrages de lit­té­ra­ture latine et grecque, si les édi­tions curieuses d’auteurs anciens, si les tra­duc­tions à glose savante sont pas­sés de mode, la tâche du cor­rec­teur n’a pas ces­sé pour cela d’être ardue et déli­cate : la grande varié­té des livres qui s’exécutent dans une impri­me­rie semble exi­ger, pour la cor­rec­tion des épreuves, des ency­clo­pé­distes, c’est-à-dire des hommes pos­sé­dant l’universalité des connais­sances humaines. Tel est le carac­tère le plus frap­pant de la pro­fes­sion de cor­rec­teur à notre époque. Mal­heu­reu­se­ment, les savants de ce mérite sont rares, et force est bien au maître impri­meur de se conten­ter la plu­part du temps d’hommes chez qui le soin, l’attention, une connais­sance pro­fonde des règles et des dif­fi­cul­tés typo­gra­phiques, une longue habi­tude de la pro­fes­sion, le tout joint à un fonds d’instruction solide, sont des garan­ties suf­fi­santes pour la pure­té du texte des livres qui sortent de leurs mains.

Ce qu’un bon correcteur doit savoir

Il est bon qu’un cor­rec­teur ait été com­po­si­teur, ou tout au moins qu’il se soit fami­lia­ri­sé par la pra­tique, avec tout le maté­riel de l’imprimerie et l’ensemble des opé­ra­tions typo­gra­phiques, puisqu’il doit juger en der­nier res­sort de la bonne ou de la mau­vaise exé­cu­tion du tra­vail : si les mots sont régu­liè­re­ment espa­cés et cou­pés au bout des lignes selon les règles de la tra­di­tion ou de l’étymologie ; si l’emploi de l’italique est judi­cieux ; si la com­po­si­tion ne ren­ferme pas des lettres d’œils dif­fé­rents ; si les vers sont ren­fon­cés sui­vant les exi­gences de la mesure et de la pro­so­die ; si les titres sont bien cou­pés et bien blan­chis ; si les pages sont rigou­reu­se­ment de la même lon­gueur, etc.

Une connais­sance appro­fon­die de la langue fran­çaise, au point de vue théo­rique aus­si bien qu’au point de vue pra­tique, est indis­pen­sable au cor­rec­teur. Il doit éga­le­ment connaître les divers sys­tèmes d’orthographe, pour être en mesure de pré­mu­nir les auteurs contre les méthodes fan­tai­sistes ou arbi­traires qu’ils seraient ten­tés d’adopter, et pou­voir les ral­lier à l’orthographe de l’Académie, qui est incon­tes­ta­ble­ment la meilleure, mal­gré les erreurs et les desi­de­ra­ta qu’on signale dans son Dic­tion­naire. Il doit savoir le grec et le latin de façon à pou­voir au moins tra­duire Démos­thène et Cicé­ron ; enfin, la connais­sance d’une langue moderne, l’anglais et l’allemand sur­tout, devient de jour en jour plus néces­saire pour lui : le temps approche, nous le croyons, où, grâce à la mul­ti­pli­ci­té des rap­ports inter­na­tio­naux, la connais­sance de ces deux langues, déjà par­lées sur les trois quarts du globe, sera exi­gée du cor­rec­teur

Mais ces connais­sances ne sont pas les seules que doive pos­sé­der le cor­rec­teur : il doit avoir étu­dié avec fruit l’histoire uni­ver­selle, la géo­gra­phie, la bota­nique, la zoo­lo­gie, la paléon­to­lo­gie, assez de méde­cine pour pos­sé­der la langue médi­cale, et de juris­pru­dence pour com­prendre la langue du droit. 

D’immenses lec­tures d’ouvrages de tout genre lui sont indis­pen­sables pour acqué­rir une tein­ture des sciences, des arts, des métiers, afin de pou­voir com­prendre la signi­fi­ca­tion des termes tech­niques et s’apercevoir quand l’un d’eux a été tron­qué par l’auteur ou par le com­po­si­teur, ou de pou­voir les lire dans une copie mal écrite ; car le cor­rec­teur (et c’est là l’une des plus grandes dif­fi­cul­tés de la pro­fes­sion), le cor­rec­teur, disons-nous, est obli­gé de lire, à pre­mière vue, les écri­tures les plus indé­chif­frables : tout le monde sait que les auteurs, à notre époque de pro­duc­tion fié­vreuse, pres­sés par le temps, sont contraints d’écrire avec une extrême rapi­di­té, dont le moindre incon­vé­nient est de défor­mer plus ou moins leur écri­ture. Peut-être aurions-nous le droit de mettre en par­tie sur le compte d’une négli­gence égoïste et cou­pable ce que nous venons d’attribuer au besoin de pro­duire vite.

Dans les impri­me­ries où se font en grand nombre des ouvrages spé­ciaux, comme les livres de lit­té­ra­ture étran­gère, les trai­tés scien­ti­fiques, mathé­ma­tiques, etc., il est indis­pen­sable, pour leur bonne exé­cu­tion, de s’attacher des cor­rec­teurs pos­sé­dant des connais­sances et des apti­tudes spé­ciales ou ayant étu­dié sérieu­se­ment ces matières. La com­po­si­tion des livres trai­tant de sciences exactes, sur­tout de l’algèbre, de l’analyse mathé­ma­tique, de la chi­mie, de la phy­sique, etc., offre des dif­fi­cul­tés si nom­breuses et est sou­mise à une mul­ti­pli­ci­té de règles telle, que le cor­rec­teur auquel ces lec­tures sont confiées doit être rom­pu à ce genre de tra­vaux, et avoir fait des études, élé­men­taires au moins, dans cette direc­tion s’il tient à rem­plir digne­ment sa mission.

Pour nous résu­mer, disons que le bon cor­rec­teur, le cor­rec­teur com­plet, est celui qui, à un fonds d’instruction solide, joint une connais­sance éten­due des règles et des tra­vaux typographiques.

Le cor­rec­teur, quel qu’il soit, qui ne rem­plit que l’une des deux par­ties de ce pro­gramme, doit tout faire pour acqué­rir celle qui lui fait défaut, sous peine de n’être pas à la hau­teur de sa tâche.

Conditions matérielles à revoir

Mais il ne suf­fit pas qu’un cor­rec­teur ait toutes les connais­sances néces­saires pour rem­plir conve­na­ble­ment ses dif­fi­ciles fonc­tions : l’absence de cer­taines condi­tions maté­rielles nuit infailli­ble­ment à la qua­li­té de son tra­vail. C’est ain­si qu’il devrait avoir à sa dis­po­si­tion une biblio­thèque choi­sie ; et pour­tant, chose triste à dire ! il a sou­vent de la peine à obte­nir du maître impri­meur l’exemplaire du Dic­tion­naire de l’Académie dont il ne peut se pas­ser. Par­mi les livres qui ont leur place mar­quée dans la biblio­thèque du cor­rec­teur, nous cite­rons le Dic­tion­naire de l’Académie et son Com­plé­ment, le Dic­tion­naire d’histoire et de géo­gra­phie de Dézo­bry et Bache­let ; le Dic­tion­naire des lettres et le Dic­tion­naire des sciences du même édi­teur ; le Dic­tion­naire des contem­po­rains de Vape­reau ; l’Erra­ta du Dic­tion­naire de l’Académie de Pau­tex ; le Code ortho­gra­phique d’Hétrel9 ; le Guide du cor­rec­teur et du com­po­si­teur de M. Tas­sis10 ; le Guide pra­tique du com­po­si­teur de M. Théo­tiste Lefèvre ; le Dic­tion­naire des postes, le dic­tion­naire latin, le dic­tion­naire grec et ceux des prin­ci­pales langues de l’Europe, alle­mand, anglais, espa­gnol et ita­lien, etc. Mais le livre qui sera par excel­lence le livre du cor­rec­teur, celui qui, dès sa pre­mière livrai­son, a été appe­lé à lui rendre les plus grands ser­vices, par la rai­son qu’à lui seul il peut tenir lieu de presque tous les autres, et qu’il est la mine la plus féconde de ren­sei­gne­ments de omni re sci­bi­li et qui­bus­dam aliis11, c’est à coup sûr le Grand Dic­tion­naire, auquel nous avons l’honneur de col­la­bo­rer en ce moment.

Il est d’autres condi­tions maté­rielles d’une grande impor­tance qui font le plus sou­vent défaut au cor­rec­teur ; nous vou­lons par­ler des condi­tions que devrait rem­plir le local où il passe les longues heures de la jour­née typo­gra­phique. Or, disons-le, au risque de sou­le­ver les colères de ceux qu’atteindra la véri­té, il est impos­sible de trai­ter un employé, d’ailleurs indis­pen­sable, avec autant de sans-gêne que les maîtres impri­meurs en géné­ral, et ceux de Paris en par­ti­cu­lier, traitent leurs cor­rec­teurs sous ce rap­port. À l’homme dont le labeur inces­sant exige la plus vive lumière, le calme le plus abso­lu, échoit infailli­ble­ment le coin de l’atelier le plus obs­cur, le plus bruyant, le plus dépour­vu de ce confor­table élé­men­taire qu’exige un long séjour dans la posi­tion assise. Les loges de concierges, dans cer­taines ruelles du vieux Paris, aujourd’hui dis­pa­rues, auraient pu pas­ser pour des salons en com­pa­rai­son des che­nils sombres et mal­sains que telle grande impri­me­rie de la capi­tale décore du nom pom­peux de bureaux des cor­rec­teurs

Correcteurs en première et en seconde

Dans les impri­me­ries impor­tantes, on dis­tingue deux sortes de cor­rec­teurs : les cor­rec­teurs en pre­mière et les cor­rec­teurs en seconde.

Le cor­rec­teur en pre­mière est char­gé de col­la­tion­ner sur l’épreuve, soit seul, soit avec un teneur de copie, le manus­crit de l’auteur ou la feuille impri­mée qui sert de copie, et de signa­ler en marge de cette épreuve les omis­sions (dites bour­dons), les doubles emplois (dits dou­blons), les fautes typo­gra­phiques de tout genre, les fautes d’orthographe et de ponc­tua­tion pro­ve­nant du fait de l’auteur ou du compositeur.

De l’importance des signes de correction

Pour indi­quer les fautes à cor­ri­ger, le cor­rec­teur emploie des signes spé­ciaux. Le Grand Dic­tion­naire va offrir à ses lec­teurs le pro­to­cole pour la cor­rec­tion des épreuves. Nous devons la com­mu­ni­ca­tion de ce pré­cieux cli­ché à l’obligeance de M. Théo­tiste Lefèvre, ancien prote chez MM. Fir­min Didot, qui a bien vou­lu l’extraire pour nous de son remar­quable Guide pra­tique du com­po­si­teur d’imprimerie. Il fal­lait ici des signes tout par­ti­cu­liers, qui n’existent dans aucune impri­me­rie, par cet excellent motif qu’ils n’ont aucune rai­son d’existence, puisqu’il s’agit sim­ple­ment, dans l’espèce, des signes conven­tion­nels ser­vant à indi­quer au com­po­si­teur les fautes typo­gra­phiques qu’il a com­mises. Les expli­ca­tions que nous allons don­ner vont ini­tier nos lec­teurs aux mys­tères de la com­po­si­tion et de la correction.

Un feuillet manus­crit est remis au com­po­si­teur ; celui-ci livre la page com­po­sée au pres­sier, qui en tire une épreuve, laquelle va au bureau du cor­rec­teur. Le com­po­si­teur a levé ses lettres avec une telle rapi­di­té, qu’il en résulte des fautes de toute nature : lettres à sub­sti­tuer ; mots à chan­ger ; lettres ou mots à ajou­ter, à sup­pri­mer, à retour­ner, à trans­po­ser ; lignes à trans­po­ser ; petites, grandes majus­cules ; mots à sépa­rer et à rap­pro­cher ; mots cou­pés à tort, qu’il faut réunir ; lettres gâtées à rem­pla­cer ; lettres à redres­ser, à net­toyer ; lignes à ren­trer, à sor­tir, à rema­nier, à rap­pro­cher, à sépa­rer, à espa­cer, à rega­gner ; lettres d’un autre œil (c’est-à-dire d’un type plus gros ou plus petit) à sub­sti­tuer ; ali­néas à faire, à sup­pri­mer ; espaces et inter­lignes à bais­ser ; bour­dons (omis­sions) à com­po­ser ; dou­blons (redou­ble­ments) à sup­pri­mer, etc.

L’amalgame de toutes ces fautes pro­duit par­fois une sorte de gri­moire où l’auteur lui-même a de la peine à se recon­naître. Par exemple, il avait écrit : Aux deux amants, et il lit avec stu­pé­fac­tion O Deus amen ! Que va faire le cor­rec­teur ? Va-t-il man­der le com­po­si­teur dans son bureau, et lui expli­quer de vive voix les cor­rec­tions à opé­rer ? Ces conver­sa­tions ne seraient pas à leur place dans une impri­me­rie. Voi­là donc le cor­rec­teur obli­gé d’indiquer, à la plume et en marge de l’épreuve, tous les chan­ge­ments néces­saires. S’il emploie le lan­gage ordi­naire, les cor­rec­tions l’emporteront sur la copie pri­mi­tive, et on tom­be­ra ain­si de Cha­rybde en Scyl­la. Il fal­lait donc créer un lan­gage conven­tion­nel, une sorte d’algèbre, une sté­no­gra­phie, enfin quelque chose de bref, de pré­cis, de laco­nique, d’universel, disant beau­coup de choses en très-peu de mots, mul­ta pau­cis. C’est jus­te­ment la clef de ces signes que nous met­tons ici entre les mains de nos lec­teurs. Il suit de là que, si jamais une grève venait à son tour à se pro­duire au sein de cette pha­lange d’hommes aus­si labo­rieux et savants que modestes, le Grand Dic­tion­naire ne ver­rait pas pour cela chô­mer ses cinq puis­santes machines ; il n’aurait qu’à s’adresser au pre­mier venu de ses dix mille sous­crip­teurs, ce qui pour­rait être consi­dé­ré, par quelque lec­teur malin, comme un acte d’égoïsme de sa part : Hon­ni soit qui mal y pense !

Protocole pour la correction des épreuves

Mais reve­nons au cor­rec­teur en première. 

La lec­ture en pre­mière se fait soit sur des épreuves en paquets, soit sur des épreuves en pla­cards, soit sur des épreuves en feuilles. (V., pour l’explication de ces mots, l’article com­po­si­tion typo­gra­phique.) Dans ce der­nier cas, le cor­rec­teur en pre­mière com­mence par véri­fier la réclame de la feuille (c’est-à-dire par s’assurer que le com­men­ce­ment de cette feuille se lie par­fai­te­ment à la fin de la feuille pré­cé­dente), puis il véri­fie la ou les signa­tures, c’est-à-dire les chiffres pla­cés au bas de cer­taines pages, sui­vant les for­mats, pour ser­vir de points de repère à la bro­chure et à la reliure ; il doit ensuite véri­fier les folios, les titres cou­rants, etc., et ins­crire le nom de chaque com­po­si­teur en marge de l’épreuve, en tête de sa composition.

Contre l’emploi d’un teneur de copie

Les épreuves se lisent d’ordinaire à deux : l’employé qui seconde le cor­rec­teur s’appelle teneur de copie, parce que c’est lui qui lit à haute voix sur le manus­crit de l’auteur ou la copie, en géné­ral, qu’il a entre les mains, tan­dis que le cor­rec­teur suit sur l’épreuve et marque les fautes qu’il rencontre.

On choi­sit ordi­nai­re­ment pour teneur de copie un appren­ti com­po­si­teur, dans le but de lui faci­li­ter le déchif­fre­ment des manus­crits, connais­sance indis­pen­sable quand il sera deve­nu ouvrier. On a géné­ra­le­ment à se louer de ce mode de lec­ture, quand l’apprenti est soi­gneux, docile et intel­li­gent ; mais il faut y renon­cer s’il ne rem­plit pas ces condi­tions, et, dans tous les cas, le cor­rec­teur ne doit jamais oublier la res­pon­sa­bi­li­té qui lui incombe ; sa méfiance à l’égard d’un aide inex­pé­ri­men­té doit tou­jours être en éveil, et, au moindre doute, il doit véri­fier lui-même sur la copie.

On a essayé aus­si de confier la tenue de la copie à un com­po­si­teur vieilli dans le métier, qui ne trou­vait plus, par suite de l’affaiblissement de sa vue, qu’un salaire insuf­fi­sant dans la com­po­si­tion. Cette ten­ta­tive a été aban­don­née presque par­tout comme trop oné­reuse pour les maîtres impri­meurs, et parce qu’elle enle­vait aux appren­tis l’occasion de se dres­ser à la lec­ture des mau­vais manus­crits. Quelques per­sonnes ont avan­cé que le sur­croît de dépense qui résul­te­rait, pour la mai­son, de ce mode de lec­ture, serait lar­ge­ment com­pen­sé par la meilleure qua­li­té du tra­vail. Nous ne le pen­sons pas, et nous pen­chons pour la lec­ture par le cor­rec­teur seul, col­la­tion­nant lui-même la copie sur l’épreuve. Mais, il faut le recon­naître, cette lec­ture demande un temps beau­coup plus long que la lec­ture à l’aide d’un teneur de copie, et elle ne peut guère être adop­tée que dans les mai­sons qui tiennent à pro­duire de bons et beaux livres. Dans les impri­me­ries à jour­naux, et, en géné­ral, pour toutes les impres­sions qui demandent à être faites avec la plus grande rapi­di­té, ce der­nier mode de lec­ture serait impra­ti­cable. Mais, nous le répé­tons, pour les tra­vaux sérieux et excep­tion­nel­le­ment dif­fi­ciles, il faut y recou­rir, sous peine de mettre au jour des œuvres incor­rectes et mal digérées.

La lec­ture en seconde se fait sans teneur de copie. Ordi­nai­re­ment on en charge un cor­rec­teur autre que celui qui a lu la pre­mière épreuve, atten­du que ce chan­ge­ment de lec­teur consti­tue par lui-même une garan­tie de plus.

Lecture en bon (à tirer)

Les épreuves en seconde, avant d’être remises au cor­rec­teur, ont été envoyées à l’auteur pour qu’il y indi­quât les cor­rec­tions qu’il juge­rait à pro­pos de faire. Elles sont lues, au retour, par le cor­rec­teur en seconde, qui signale les fautes de toute nature échap­pées à l’attention de l’auteur. Comme ces épreuves sont ordi­nai­re­ment revê­tues du bon à tirer de l’auteur, cette lec­ture est dési­gnée sous le nom de lec­ture en bon à tirer, ou sim­ple­ment lec­ture en bon

Le domaine de la cor­rec­tion en seconde est beau­coup plus vaste que celui de la cor­rec­tion en pre­mière. Tan­dis que celle-ci doit se bor­ner à la repro­duc­tion stricte du manus­crit, moins les fautes d’orthographe et de ponc­tua­tion, le cor­rec­teur en seconde doit remettre sur leurs pieds les phrases boi­teuses ; faire dis­pa­raître, en modi­fiant le plus légè­re­ment pos­sible la rédac­tion ori­gi­nale, les fautes de fran­çais que l’auteur a lais­sées sub­sis­ter ; rec­ti­fier ou ame­ner l’auteur à rec­ti­fier les faits qui seraient en contra­dic­tion avec la véri­té his­to­rique, les ana­chro­nismes ; en un mot, cor­ri­ger les imper­fec­tions de style et de rédac­tion qui échappent même à l’écrivain le plus soi­gneux et le plus atten­tif. Il est presque super­flu d’ajouter que cette tâche ne peut être bien rem­plie qu’à la condi­tion essen­tielle pour le cor­rec­teur de s’assimiler com­plè­te­ment les idées et le but de l’auteur.

Beau­coup de tact, une grande habi­tude du manie­ment de la langue, une connais­sance pro­fonde de ses res­sources, une déli­ca­tesse de touche qui doit réus­sir à rendre imper­cep­tibles à l’œil même de l’auteur les chan­ge­ments jugés néces­saires dans sa rédac­tion, enfin l’art dif­fi­cile de per­sua­der à l’écrivain que les modi­fi­ca­tions appor­tées à son œuvre émanent de lui-même : telles sont les prin­ci­pales qua­li­tés du cor­rec­teur en seconde. 

Une rémunération insuffisante

Un cor­rec­teur qui rem­plit ces condi­tions est un tré­sor pour une impri­me­rie. Aus­si les lec­teurs du Grand Dic­tion­naire seront-ils éton­nés d’apprendre que géné­ra­le­ment les ser­vices si grands et si pénibles ren­dus par cet homme pré­cieux sont rému­né­rés d’une façon insuf­fi­sante. Le maxi­mum du trai­te­ment des cor­rec­teurs en seconde, dans les mai­sons dites à labeurs, c’est-à-dire dans celles où se font les ouvrages de longue haleine, ne dépasse pas 8 fr. pour dix heures de tra­vail ; et encore ce prix est-il excep­tion­nel : deux ou trois cor­rec­teurs au plus, à Paris, sont arri­vés à ce chiffre de salaire, qui repré­sente à peine une somme annuelle de deux mille deux ou trois cents francs, défal­ca­tion faite des jours fériés, c’est-à-dire à peu près les appoin­te­ments d’un troi­sième de rayon aux Villes de France ou au Bon mar­ché ! La grande majo­ri­té des cor­rec­teurs en seconde touche de 6 à 7 fr. par jour (de 10 heures).

Les cor­rec­teurs en pre­mière gagnent par jour depuis 5 fr. jusqu’à 6 fr. et 6 fr. 50. Nous lais­sons en dehors de cette sta­tis­tique les cor­rec­teurs de jour­naux, qui sont géné­ra­le­ment payés par la rédac­tion, et dont le trai­te­ment, presque tou­jours men­suel, varie de 1,800 à 3,500 fr. par an. Les jour­naux reli­gieux et légi­ti­mistes (la Gazette de Francel’Union, le Monde, l’Uni­vers12) et le Jour­nal offi­ciel sont, paraît-il, ceux qui rétri­buent le plus mai­gre­ment leurs cor­rec­teurs.

Mais arri­vons à la der­nière incar­na­tion du cor­rec­teur.

Vérification de la tierce et révision

Quand toutes les cor­rec­tions ont été faites et que la feuille est sous presse, avant de com­men­cer le tirage, on fait une nou­velle épreuve dite tierce, sur laquelle on véri­fie si les cor­rec­tions du bon à tirer ont été exé­cu­tées, s’il n’a pas été com­mis de nou­velles fautes pen­dant cette exé­cu­tion même, et s’il n’est pas tom­bé de lettres de la forme pen­dant son trans­port à la presse. C’est ordi­nai­re­ment le prote qui exé­cute le tra­vail de la véri­fi­ca­tion ; néan­moins, dans les impri­me­ries consi­dé­rables, où de nom­breuses presses fonc­tionnent du matin au soir, et sou­vent la nuit, un employé spé­cial est char­gé de ce soin : cet employé, géné­ra­le­ment choi­si par­mi les meilleurs typo­graphes, porte le nom un peu ambi­tieux de cor­rec­teur aux tierces.

Quand la tierce est insuf­fi­sante, on fait une nou­velle épreuve, appe­lée révi­sion, sur laquelle on véri­fie si les cor­rec­tions de la tierce ont été exé­cu­tées, ou bien, pour le cas où l’on aurait fait sous presse un chan­ge­ment ou une trans­po­si­tion de pages, on exa­mine si ce chan­ge­ment, si cette trans­po­si­tion a été bien faite, et si le reste de la feuille n’a pas eu à en souffrir.

Une position précaire

Nous ne pou­vons clore cet article, déjà bien long pour­tant, sans expri­mer encore une fois l’intérêt que nous ins­pire la posi­tion pré­caire du cor­rec­teur dans les impri­me­ries, au point de vue du salaire principalement.

Ce dis­tique, par lequel Cor­neille Kilian, l’un des cor­rec­teurs les plus dis­tin­gués de l’imprimerie Plan­ti­nienne, ter­mi­nait une pièce de vers inti­tu­lée Cor­rec­tor typo­gra­phi­cus :

Erra­ta alte­rius quis­quis cor­rexe­rit, illum
Plus satis invi­diæ, glo­ria nul­la manet13,

ce dis­tique est tou­jours et sera long­temps encore d’actualité.

Comme der­nier ren­sei­gne­ment, disons qu’il existe une socié­té de secours mutuels des cor­rec­teurs des impri­me­ries de Paris, approu­vée par arrê­té du ministre de l’intérieur du 26 juillet 1866.


cor­rec­tion s. f. (kor-rèk-sion — du lat. cor­rec­tio ; de cor­ri­gere, cor­ri­ger). […]

— Typo­gr. Tra­vail du cor­rec­teur qui indique les fautes ou les chan­ge­ments à faire dans une épreuve impri­mée, avant le tirage défi­ni­tif : La cor­rec­tion d’une pre­mière épreuve, d’un bon à tirer, de la tierce. Être char­gé de la cor­rec­tion d’un jour­nal. S’entendre à la cor­rec­tion des épreuves. | Rec­ti­fi­ca­tions, chan­ge­ments indi­qués sur un manus­crit ou une épreuve. Une épreuve char­gée de cor­rec­tions. Mes manus­crits et mes épreuves sont, par la mul­ti­tude des cor­rec­tions, de véri­tables bro­de­ries dont j’ai moi-même beau­coup de peine de retrou­ver le fil. (Cha­teaub.) V. cor­rec­teur.

Article mis à jour le 2 octobre 2023.


  1. Pour ses 15 volumes, Larousse a fait appel à 89 contri­bu­teurs, mais il ne sont pas cités. Par com­mo­di­té, je le nomme donc comme l’au­teur de l’ar­ticle. Mais Bout­my (1883) nous apprend qu’il s’a­git ici d’A­lexandre Ber­nier, ancien pré­sident de la Socié­té des cor­rec­teurs [des impri­me­ries de Paris].
  2. À l’é­poque, il s’a­git d’une mai­son d’é­di­tion qui pos­sède des points de vente, comme Larousse.
  3. À dis­tin­guer des cor­rec­teurs spé­ciaux tels que les entend J.-B. Prod­homme, c’est-à-dire spé­cia­li­sés dans un cer­tain genre d’ou­vrages. Voir Les erreurs de typo­gra­phie dues au cor­rec­teur, 1886. Mais Larousse évoque de tels cor­rec­teurs plus bas, sans leur acco­ler l’ad­jec­tif spé­ciaux. Ce sont les ouvrages qui le sont.
  4. Noter que le grand Pierre Larousse lui-même emploie ce pré­ten­du « pléo­nasme », en fait un archaïsme, selon Grevisse.
  5. Si, moi ! comme nombre de confrères, je suppose.
  6. Ortho­graphe de l’Aca­dé­mie, 1835.
  7. Là aus­si, Larousse me semble se lais­ser aller à un lyrisme excessif.
  8. Il s’a­git sans doute d’Antoine-Marie Roe­de­rer. En effet, dans Wiki­pé­dia, on peut lire : « L’Adresse aux Pari­siens, par laquelle Bona­parte annon­ça le coup d’État, fut rédi­gée par [Pierre-Louis] Roe­de­rer et com­po­sée par son fils Antoine dans l’imprimerie où l’avait pla­cé Regnault de Saint-Jean-d’Angély. »
  9. Albert Hétrel, Code ortho­gra­phique, mono­gra­phique et gram­ma­ti­cal, nou­velle méthode don­nant immé­dia­te­ment la solu­tion de toutes les dif­fi­cul­tés de la langue fran­çaise, Paris, A. Boyer, (s. d.), 3e éd. [1862].
  10. S.-A. [Auguste] Tas­sis, Guide du cor­rec­teur et du com­po­si­teur, don­nant la solu­tion des prin­ci­pales dif­fi­cul­tés pour l’emploi des capi­tales… extrait du « Dic­tion­naire de l’A­ca­dé­mie », Paris, impr. de F. Didot frères, 1852.
  11. Voir cette note dans un autre article.
  12. Il est curieux que Larousse ait écar­té les articles de l’i­ta­lique, alors qu’ils font indis­cu­ta­ble­ment par­tie du titre de ces journaux.
  13. « En rele­vant les erreurs des autres, vous vous expo­sez à leur ran­cune, sans qu’il vous en revienne le moindre hon­neur. » Cité aus­si par Hen­ri Four­nier, entre autres. Voir Le rôle du cor­rec­teur, par Hen­ri Four­nier, impri­meur, 1870. »