Synonymes imparfaits

Syno­nyme ne signi­fie pas « de même sens » mais « de même nom ».

Le Dic­tion­naire his­to­rique de la langue fran­çaise d’A­lain Rey (éd. Le Robert) nous éclaire (j’ai rac­cour­ci la notule) :

Le mot syno­nyme est emprun­té au bas latin gram­ma­ti­cal syno­ny­mum, ce der­nier repre­nant le grec sunô­nu­mos « de même nom que ». Chez Aris­tote, la notion concerne des noms dont le sens est lié par un genre com­mun, mais qui ont des sens dif­fé­rents ; ain­si, vert et rouge par rap­port à cou­leur.

À l’é­poque clas­sique et sur­tout à par­tir du xviiie siècle, la notion, par refus de l’ap­proxi­ma­tion et du cumul, évo­lue vers l’idée moderne de « mot de même sens qu’un autre, mais pou­vant dif­fé­rer par un autre aspect : conno­ta­tions, valeur expres­sive, etc. ».

Les défi­ni­tions que les prin­ci­paux dic­tion­naires donnent du mot syno­nyme prennent en compte, diver­se­ment, le fait que les syno­nymes ne sont jamais par­faits :

Le Petit Robert : « Se dit de mots ou d’ex­pres­sions qui ont une signi­fi­ca­tion très voi­sine et, à la limite, le même sens. »

Larousse : « Se dit de termes que l’on peut sub­sti­tuer l’un à l’autre dans un énon­cé sans chan­ger le sens de celui-ci. »

Le Robert ajoute :

Les syno­nymes par­faits n’existent qu’abs­trai­te­ment, hors usage. […] Syno­nymes dis­tin­gués par une dif­fé­rence d’in­ten­si­té (fati­gué, épui­sé ; aimer, ado­rer), d’emploi ou d’af­fec­ta­tion (salaire, trai­te­ment, appoin­te­ments), de niveau social ou sty­lis­tique (ennuyer, embê­ter voi­ture, bagnole). Syno­nymes par­tiels (maga­zine, syno­nyme de revue, seule­ment quand ce mot désigne un pério­dique).

« des syno­nymes comme redou­ter, craindre, avoir peur n’ont de valeur propre que par leur oppo­si­tion ; si redou­ter n’exis­tait pas, tout son conte­nu irait à ses concur­rents » (Saus­sure).

© 2019 Dic­tion­naires Le Robert – Le Petit Robert de la langue fran­çaise

☞ Voir aus­si Com­ment trou­ver le mot juste